|
Ma visite au blocNicolas B. - 26 Avril 2006Expérience programmée - Degré de haine : 10 Pour commencer et eviter les deceptions : je vous préviens que cette anecdote n'est drôle à aucun moment . Maintenant, plantons le décor : J'ai raté ma première année de medecine pour la deuxième fois en 2005 (ce qui veut dire, pour les non-initiés, qu'à partir de ce moment là il m'était définitivement interdit de devenir medecin) . Bref, dans mon malheur j'ai tout de même eu la chance d'obtenir une equivalence pour la deuxième année de licence d'ingenieur qualiticien en milieu de santé . En gros un ingenieur qualité en hopital, c'est celui qui s'assure que certaine normes sont appliquées . Une bonne partie du personnel médical nous voit (à tord) comme ceux qui prétendent leurs apprendre leur metier, ce qui est à peine supportable pour les infirmières et litteralement intolérable pour les medecins qui ont derrière eux 10 ans d'études de plus que nous en moyenne . Bon ... cette introduction était essentielle, il est important de bien saisir le contexte relationnel medecins-qualiticiens . J'ai donc accompli mon premier stage cette année dans un centre de lutte contre le cancer . En fin de stage l'infirmière hygieniste m'a proposé d'assister à une operation (ça fait un peu partie du pack "stage de qualiticien", c'est proposé systematiquement, pour que nous puissions avoir une approche plus concrète, mais surtout comme une petite récompense pour notre travail) . Donc le jour J je me pointe au bloc pensant que l'infirmière qui avait tout organisé et m'y attendrai . Elle n'est pas là . L'infirmière qui m'accueille sait à peine pourquoi je suis là mais me donne de quoi m'habiller . Début du malaise . J'arrive dans la salle d'operation, et l'infirmier qui prépare l'arrivée de la patiente me remet en confiance, il m'explique ce qu'il fait, ce qu'il va se passer, où il faudra que je ma place pour voir sans déranger, bref, j'ai l'impression que ça va bien se passer . Les chirurgiens entrent . Un homme et une femme . Pas de bonjours, même pas un regards, j'essaye lamentablement de me rassurer en me disant que cela doit etre une coutume au bloc . Ils tournent un peu autour de la patiente, vérifie l'anesthesie . Puis la femme (qui m'a semblé être la plus "gradée") me demande qui je suis, comme l'ont se demande soudainnement d'ou vient cette tache sur notre chemise . Je réponds presque en bredouillant que je suis stagiaire qualité et son confrère lève les yeux au ciel soupirant "qualité" sur le ton le plus meprisant qu'il lui ait été possible de prendre . Sur ce bref échange, ils partent se laver les mains . Les minutes pendant lesquelles ils se préparent sont longues, je vois bien a travers la vitre qu'il sont entrain de parler de moi . Je commence à envisager de partir . Ils reviennent et la femme m'apprend qu'elle aurait aimé qu'on la mette au courant et qu'elle prend très mal cette intrusion dans son bloc ainsi que le viol de l'intimité du patient par quelqu'un qui n'a rien à faire là . Je me confond en excuse lui expliquant que je n'y étais pour rien, que j'étais persuadé qu'elle était au courant . Les chirurgiens acceptent que je reste, je n'en ai pourtant plus vraiment envie . Je maudis l'infirmière qui a "organisé" tout ça . L'opération commence, les deux medecins se montrent aussi désagréablement dedaigeux que possible envers moi : ils m'ignorent . Contrairement a ce qu'il se passe d'habitudes lors de se genre de visite, où les medecins expliquent ce qu'ils font, pourquoi ils le font, les miens m'ignorent, et s'entretiennent sur les aventures culinaires et sexuelles de leur collègues, pas un mot médical n'est prononcé . L'opération (une mamosectomie), se déroule on ne peut mieux et c'est sans doute l'une des choses les plus impresionnantes et excitantes qu'il m'ai été donné de voir . Le sein est jeté dans une poubelle, la femme me dit que s'est fini et que je peux partir, ce que je fait, non sans m'excuser une dernière fois . Jamais je ne me suis senti aussi bas et médiocre, jamais le fait d'avoir raté mon p1 n'avait été aussi concrétement douloureux . Voilà je ne serais jamais un medecin, cela fait-il vraiment de moi le moins-que-rien qui ne mérite que le mépris de ceux qui tiennent le stéthoscope ? Ils ont réussi à me dégouter de mes études, une heure avec ces deux personnes a suffit pour que je me sente réelment et durablement perdu, pour la première fois . Comment pourrais-je avoir un avenir à travailler dans un milieu où mes collègues ne veulent pas de moi ? Voilà, il fallait que ça sorte, en deux mois je n'en ai parlé à personne . je ne veux pas que mes proches voient en moi ce looser, et pourtant cela me ronge tout les jours, alors ce site lu par des inconnus me semblait parfait . Publié le 03/07/06 - Lectures : 2345 Brigitte B. - 05/07/2006 18:10Certes il y a, Dieu merci des toubibs qui sont super. Je pense en particulier à celui qui a été le mien pendant des années et est malheureusement mort accidentellement l'an dernier. On peut dire sans exagérer que toute une ville a pleuré ce jour là. Mais nombre d'entre eux ont besoin d'apprendre l'humilité. Nicolas B. - 04/07/2006 20:51Merci pour votre soutien Brigitte B. - 04/07/2006 17:47A vécu une expérience similaireCourage Nicolas! Je travaille dans un hosto depuis 28 ans et franchement je ne supporte plus les toubibs (enfin beaucoup d'entre eux). Ils sont méprisants, imbus de leur personne, ils nous donnent l'impression d'être transparents, même pas fichus de répondre losqu'on leur dit bonjour! Ils se prennent pour la race des seigneurs. J'ai travaillé quelques temps en service d'urgences je n'ai jamais rien vu de plus mesquin que la mentalité de ces toubibs, toujours en train de se foutre des patients ou de se tirer dans les pattes. Bertrand B. - 03/07/2006 22:51Tomber sur des cons est toujours une expérience fort désagréable. En chirurgie, mais comme partout ailleurs, il y a de beaux spécimens. Pas de quoi s’affoler pour autant. Etudiants en médecine, Internes ou autres futurs pro de la santé, nous en avons tous pris plein la gueule un jour ou l’autre … et on a tous survécu. Bref, deux cons à oublier bien vite … et puis c’est tout :-) L'accès au site, le vote, la publication d'expériences ou de commentaires sont soumis à inscription préalable. Réalisé pour Firefox et Safari sur iMac G5 - En ligne depuis le 23/10/2005 - Version 1.1 Toute reproduction interdite. |
Commentaires (ordre inverse) :